Fleur Nabert | Saint Adrien de Courbevoie




4 ans après le début du chantier

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L’équipe paroissiale a contacté Fleur Nabert dès 2006 pour créer le mobilier liturgique de Saint Adrien de Courbevoie. En accord avec le curé et la commission d’art sacré, l’artiste a proposé plusieurs possibilités d’aménagements. La version retenue privilégie la sobriété, la modernité et une palette de couleurs chaudes. L’environnement en effet demandait de créer une église contemporaine qui soit à la fois moderne et chaleureuse.

Le podium d’autel est construit selon deux axes : l’un horizontal qui comprend tous les éléments au sol (Ambon, Autel, Pupitre, Présidence) et un axe vertical, celui du mur de Gloire, qui comprend le Tabernacle et le Christ ressuscité.
Sur l’axe horizontal on distingue trois « strates ».
1) celle de la liturgique de la Parole et de l’Eucharistie au premier plan tout d’abord. L’Ambon, l’Autel et le Pupitre sont sur une même ligne. Les deux premiers sont en bronze et d’une patine identique pour signifier le lien entre liturgie de la Parole et de l’Eucharistie.

- L’Ambon est marqué d’une grande faille dorée, inspirée de Luc 12,49 « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé ! ». Ce motif du feu et de la clarté sera le leitmotiv de toutes les créations. L’Ambon est surmonté par la forme arrondie d’un livre pour recevoir l’évangéliaire.

- L’Autel, très sobre et seulement marqué de la croix pour rappeler la Passion. Ce motif doit être regardé selon l’axe vertical : apparaît ainsi le mouvement de la mort vers la résurrection. -

 Le Pupitre a une forme très proche de l’Ambon, mais pour marquer la différence entre la Parole de Dieu et la parole des hommes, et en l’occurrence l’animation, il est en plexiglas transparent. La symétrie est respectée mais la différence liturgique est clairement notée. De même la faille de lumière est une forme simplifiée de celle de l’ambon.

2) La seconde strate est celle de la Présidence et du Servant. C’est l’espace des serviteurs de la liturgie. Inspirés des cathèdres anciennes, les deux fauteuils veulent marquer une certaine majesté tout en restant sobres là aussi. Pour rappeler que le prêtre célèbre l’Eucharistie in persona Christi, les dossiers sont marqués d’une croix dorée.

3) La troisième strate est celle du mur de Gloire.

- Au centre de l’église, point de mire et de convergence de toutes les lignes, voici le Tabernacle. Sa porte dorée représente le paraclet, l’esprit que le Christ a laissé au monde « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c'est l'Esprit de vérité. Le monde est incapable de le recevoir, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure auprès de vous, et qu'il est en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. » (Jean 14, 16-18). Le tabernacle est doté d’une scénographie lumineuse qui accentue son rayonnement.

- à près de 5 mètres de haut, un grand Christ ressuscité s’élève. Il semble, dans la perspective, s’être détachée de la croix qui est sur l’autel. Le corps est arqué dans un élan de vie, la feuille d’or lui donne une luminosité singulière. Les mots du cardinal Journet « Comme une flèche de feu » l’ont en partie inspiré.
Enfin tout le mur est construit selon un mouvement d’ascension et forme une représentation Trinitaire : le Père invisible, dans la clarté du sommet de l’église, le Fils et le Saint-Esprit.

Ce projet a été réalisé avec la collaboration de la fonderie Landowski, de la fonderie de Coubertin, et des ateliers Gohard pour la dorure. © Fleur Nabert pour toutes les œuvres.